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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 18:08

 

 

     Le 24 juillet 1923, cinq ans après la Grande guerre qui s'était conclue par la victoire indiscutable de l'Entente sur les Empires centraux, les successeurs kémalistes des vaincus jeunes-turcs parvenaient, à l'issue d'âpres négociations émaillées de tergiversations, de bluffs, à dicter leurs conditions aux vainqueurs.  Alors que ces derniers avaient su imposer aux Allemands le traité aussi dur que mérité de Versailles, leurs représentants à Lausanne, après quelques rodomontades à l'adresse de leurs ennemis d'hier et quelques paroles de consolation pour les nations trahies par ce traité, déposaient leurs armes sur le terrain diplomatique face aux rebelles kémalistes, à la suite d'une série d'autres "défaites" diplomatiques, certaines relevant de la trahison pure et simple car volontairement subies, comme l'accord de Londres de mars 1921, celui d'Angora signé le 20 octobre 1921 par Henry Franklin-Bouillon, l'homme d'Aristide Briand, et par Youssouf Kémal, un des principaux bras droit jeune-turc de Moustapha Kemal.
     Dans cet ouvrage, les auteurs détaillent avec une perspicacité, une pertinence, une clarté, une érudition propres aux fins connaisseurs, ce processus et son aboutissement, fruits de rivalités naturelles ou provoquées entre Français, Anglais, Italiens alléchés par des retombées économiuques imaginaires, de trahisons, de violations d'engagements solennels pris à l'égard non seulement des nations chrétiennes martyrisées de l'Empire ottoman mais aussi des Kurdes et des Arabes syriens.
     Pour être didactique, cette étude n'en est pas moins passionnant à lire, et tout en offrant de nombreuses pistes de réflexion, notamment sur l'immoralité et la forfaiture en politique, elle donne des clés pour comprendre le présent de l'Europe, de la Turquie et du Proche-Orient.


Sur la couverture : "La délégation kémaliste aux négociations de Lausanne".

Format : 145 x 205, 350 pages, préface et annexes.

Prix : 25,00 Euros.

ISBN 978-2-917650-02-8


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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 18:04

 

     Lors des massacres des Arméniens de Cilicie en avril 1909 orchestrés par le régime jeune-turc, Hadjine dans les montagnes au nord-est de la province fut assiégée par la populace turque appuyée par des hordes soldatesques accourues à l'odeur du sang, et dut se défendre contre leurs assauts pendant deux semaines.

     Dans cette ville, fondée fin du XIVe siècle après la chute du royaume arménien de Cilicie, qui comptait près de vingt mille habitants arméniens, les missionnaires protestants de l'Américan Board avaient ouvert dès les années 1860 des orphelinats et des écoles.

     Connu par les érudits seulement pour ainsi dire, le témoignage sobre et poignant de Rose Lambert, publié en 1911 aux Etats-Unis et traduit pour la première fois en français, est l'un des très rares qui raconte le siège de Hadjine, dont les conséquences auraient été, s'il avait été couronné de succès, sa destruction et l'anéantissement de la totalité de ses habitants et des milliers de réfugiés qui s'y étaient précipités des villages voisins.  Quand on sait que le bilan des deux semaines de massacres dépasse les 30.000 Arméniens tués, on n'a pas de mal à imaginer quel il serait si la ville avait été prise.  Toutefois, pas loin de trois mille Hadjiniotes furent tués dans la plaine du côté d'Adana où ils étaient descendus comme chaque année pour travailler dans les fermes et les vignobles, laissant derrière eux des milliers de veuves et d'orphelins qui s'ajoutèrent à ceux déjà pris en charge depuis de longues années par les missionnaires.

     Hadjine, qui avait échappé au pire en avril 1909, devait tomber le 15 octobre 1920 après huit mois de résistance cette fois contre la soldatesque kémaliste appuyée par la populace turque, qui combattaient les troupes françaises et ne voulaient pas d'un foyer national arménien en Cilicie promis par la France après la Première guerre mondiale et le génocide des Arméniens en 1915-1918.  La plupart des habitants furent massacrés, et les survivants se dispersèrent à travers le monde, au Liban, en Syrie, en Grèce, en France, aux Etats-Unis. 


Sur la couverture : "Lutfi bey et quelques-uns de ses soldats qui sont venus à notre secours".

Format : 145 x 205 ; 96 pages.

Prix : 18,00 Euros.

ISBN 978-2-917650-06-6

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 21:04

 

       En décembre 1909, soit huit mois après les massacres de plus de 30.000 Arméniens de Cilicie orchestrés par le régime jeune-turc, l'auteur finissait de rédiger une des premières études synthétique et néanmoins complète, riche en témoignages, sur le déroulement de ce qu'un autre auteur, Frederick Z. Duckett-Ferriman, allait appeler trois ans plus tard l'Holocauste d'Adana.

       Malgré quelques contradictions sur les responsabilités analysées dans la préface, -contradictions dues probablement d'une part à la répugnace religieuse inspirée à l'auteur par le régime hamidien et le fanatisme religieux, qui avaient causé les massacres de près de 300.000 Arméniens entre 1894 et 1896 dans les vilayets orientaux, c'est-à-dire en Arménie même, et d'autre part à l'espoir de voir les Jeunes-Turcs réformer enfin l'Empire ottoman - cette étude est à ranger parmi celles qui révélèrent à l'opinion publique cet énième épisode du martyre arménien.

       Cette réédition comprend également Au Pays des massacres, la saignée arménienne, un témoignage court mais dense et poignant publié en 1910 par Jean d'Annezay, qui, venant de Beyrouth, s'était rendu dès le mois de juin 1909 sur les lieux du carnage.

        S'il devait être un enseignement à retenir, ce serait la phrase prophétique de Jean d'Annezay : "Laisser ainsi anéantir un peuple, c'est pire qu'une lâcheté, c'est une complicité, c'est un crime de lèse-humanité ; et qui sait si cela ne pèse sur les destinées des nations comme un anathème?..", tant il est vrai que la myopie des Européens, pour ne pas dire leur complaisance à l'égard des instigateurs jeunes-turcs de ces massacres, contribuèrent au renforcement d'un régime génocidaire qui fut un facteur déterminant de la Première guerre mondiale et, par le biais de son avatar kémaliste, de la revanche nazie.


Sur la couverture : "Première pendaison à Adana depuis de nombreuses années, juin 1909".

Format : 145 x 205 ; 228 pages ; nouvelles préface et annexes.

Prix : 25,00 Euros.

ISBN 978-2-917650-03-5  

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 23:33

                                                                                                                                                                 Après son premier témoignage "Au pays de l'épouvante, l'Arménie martyre" publié en 1917, Henry Barby en livrait un autre, rare, sur l'imbroglio en Transcaucasie consécutif à la révolution bolchévique en novembre 1917. 
       En raison de la "débâcle" de l'armée russe qu'allait entraîner cette révolution tombant à pic pour les Germano-turcs, les Arméniens du Caucase, alliés de l'Entente, se retrouvaient seuls et isolés, sur 9000 km2, face à plusieurs périls : au sud-ouest les armées du régime génocidaire jeune-turc, à l'ouest et au nord-ouest les Géorgiens à la botte des Allemands et des Turcs, à l'est et au nord-est les Tatares d'Azerbaïdjan soutenus par les Turcs au nom du pantouranisme.

       Si le premier était consacré aux débuts du génocide des Arméniens en 1915-1916 par les Jeunes-Turcs, le second retrace la lutte solitaire des Arméniens de Transcaucasie entre fin 1917 et fin 1918, notamment à Bakou, dont le pétrole si nécessaire à la poursuite de la guerre sur les fronts européens était convoité par les Germano-Turcs. Tout au long du récit, on voit les Arméniens résister à la fois aux armées turques depuis la proclamation fin mai 1918, dans des conditions dramatiques, de la première République indépendante jusqu'à l'armistice, et à la soldatesque tatare et aux machinations des bolchéviks, qui utilisaient les uns et les autres à leurs fins au nom de la révolution mondiale. Bien après la fin de la guerre, jusqu'en 1921, les Arméniens, trahis et oubliés par les vainqueurs de 1918 en dépit de leur contribution à la victoire, seront les seuls à se battre encore en Transcaucasie, au prix de 200 000 morts, contre les Allemands, les kémalistes et les bolchéviks, avant d'être submergés par la lave rouge.
        Ce témoignage a le mérite d'éclairer le lecteur sur la situation actuelle en Transcaucasie, où les mêmes intérêts et collusions anti-arméniens qu'en 1918 sont à l'oeuvre, avec la bénédiction d'un Occident cupide, qui refuse les frontières staliniennes pour lui-même mais les accepte pour les Arméniens, au mépris de leurs droits légitimes historiques les plus élémentaires.



Sur la couverture : "Les Arméniens à l'entraînement à Bakou".

Format : 145 x 205 ; 296 pages, nouvelles préface et annexes.

Prix : 26,00 Euros.

ISBN 978-917650-04-2 

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 21:55
 

 (tomes I et II)

 

traduit de l'arménien
par Hratch BEDROSSIAN

 

       Depuis 1876, Abdul-Hamid II règne par la terreur et les massacres endémiques sur un empire amputé de la plupart de ses conquêtes européennes. Dans la partie asiatique du sultanat, les peuples asservis réclament des réformes qui, à force de rester promesses en l'air, menacent de déboucher sur des revendications autrement plus politiques. En première ligne de la lutte pour les réformes, la nation chrétienne la plus ancienne d'Asie Mineure : les Arméniens.  Le pouvoir pris en juillet 1908, les Jeunes-Turcs jettent bas leur masque libéral d'aventuriers fanatiques sans foi ni loi lors du massacre en avril 1909 de 30.000 Arméniens de Cilicie.  Cinq ans plus tard, dans le but avoué de procéder à l'extermination des Arméniens préméditée bien avant leur arrivée au pouvoir et sans le moindre souci du sort de l'empire et du peuple turc lui-même, ils précipiteront le pays dans la première guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne belliciste de Guillaume II.  Ce premier génocide du 20-ème siècle, prélude à tous les autres parce que resté impuni malgré les promesses de châtiment des Alliés dès mai 1915, fera disparaître près de 2.400.000 Arméniens sur les 3.000.000 que comptait l'empire ottoman.

       Tel est le cadre de l'action de ce roman, à la fois historique et biographique.

       Historique : il s'inspire des péripéties dont la Turquie fut le théâtre dans ses trois dernières décennies de puissance hégémonique brutale et aux abois et met en scène les instigateurs et les victimes de ces événements : Vartkès Sélingulian, le komitadji révolutionnaire devenu député, Mehmed Talaat, le télégraphiste devenu ministre de l'Intérieur, les poètes Daniel Varoujan, Roubène Sévak et Siamanto, les ambassadeurs allemand von Wangenheim et américain Morgenthau, etc.

       Biographique : c'est par le truchement du héros central, Grigor Zohrap, avocat renommé, publiciste, écrivain, élu du parlement ottoman en 1908-1915, que le lecteur traverse la tourmente.  Mais plus que le destin de la figure emblématique de la société arménienne de Turquie que fut Zohrap, ce roman retrace les dernières étapes du calvaire d'un peuple trois fois millénaire et sa crucifixion.

 

Format : 145x205 ; 615 pages.

 

Prix : 29,00 Euros.

 

ISBN : en attente.

 

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 21:52
 

(tomes I & II)

 

traduit de l'arménien
par Hratch BEDROSSIAN

 

       L'an 1164. Amaury, roi de Jérusalem, et Nour ad-Dîn, sultan de Syrie, convoitent l'Egypte gouvernée par les Fatimides ; le premier pour ses richesses et ses ports maritimes, le second pour éliminer le califat chiite hérétique et pour rassembler le monde mu-sulman sunnite proche-oriental sous sa ban-nière et chasser les Croisés de Palestine.

       Face à cette double menace d'invasion, le grand vizir arméno-russe Talâyi ibn-Rouzzik al-Armani demande des renforts à la féodalité arménienne du Sassoun, qui lui dépêche plusieurs escadrons de cavalerie. Pour atteindre l'Egypte, ils doivent néanmoins traverser les principautés franques et les terres du sultanat d'Alep.

       Depuis Alamut en Perse, repaire de la secte ismaïlienne des Haschaschins, le Vieux de la Montagne, allié objectif des Farimides, dicte sa volonté à bon nombre de souverains et de princes, dont plusieurs sont déjà tombés sous les coups de poignard de ses fidaï.

       En Cilicie, les princes Roubénides manoeuvrent sans cesse entre les Grecs, les Turcs et les Francs pour garder une autonomie durement acquise.  Leur potentiel militaire est tel que tant les Croisés que les Sarrasins voudraient se les rallier.  Mais le grand ichkhan Toros préfère appuyer le plus faible des camps, pour qu'aucun de ses ennemis n'écrase définitivement l'autre et ne devienne pour lui une menace réelle.  Stratégie désapprouvée par son frère Mléh qui voit dans les Croisés et les Byzantins les ennemis mortels de la Cilicie arménienne et préconise une alliance militaire avec les Arabo-turcs.

       Déserteur d'un escadron sassouniote, Smbat décide de passer avec quatre com-pagnons d'armes en Cilicie.  Sa route va croiser celle de tueurs haschaschins chargés de supprimer le sultan Nour ad-Dîn.  Des rebondissements vont s'enchaîner, dont Smbat essayera de profiter pour réaliser son objectif premier : rassembler les escadrons de ses compatriotes mercenaires en une force capable de relever le royaume arménien.  Outre ses compagnons d'armes, la jeune Nvarte, dont il va s'éprendre, Bénédict, un moine franc sémillant, et Youssouf, jeune esclave affranchi, vont être pour lui des auxiliaires précieux.

 

       S'inspirant de faits historiques, cette saga en quatre parties met notamment en scène l'émir Ousama Ibn Mounqiz, ami traditionnel des Arméniens qui, après avoir servi Talâyi Ibn Rouzzik, se range aux côtés de Nour ad-Dîn, le prince Mléh, frère du grand ichkhan Toros et ennemi juré des Byzantins, le sultan Nour ad-Dîn, le prince Bohémond d'Antioche, le prince Lévon, neveu de Toros et de Mléh, et bien d'autres protagonistes.

 

Format : 145x205 ; 594 pages.

 

Prix : 29,00 Euros.

 

ISBN 2-913564-03-8

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 21:49
 

roman historique en deux tomes.

 

(tome I et II)

 

traduit de l'arménien
par Hratch BEDROSSIAN

 

       Déportée en 1605 en Perse par le chah Abbas I, la population de la cité de Djougha, sur la rive de l'Araxe en Arménie orientale, a fondé Nor Djougha près d'Ispahan, la capitale de l'empire séfévide.

       Dans cette ville dominée par le clergé et les khodja, magnats du négoce arméniens, les moines Voskan et Siméon décident en 1638 de fonder une imprimerie, afin d'éclairer leurs compatriotes exilés par la diffusion des textes sacrés et profanes.  Leur projet se heurte à l'opposition d'ecclésiastiques cupides, inquiets de voir leur échapper une inestimable source de gain : la reproduction de manuscrits anciens par des copistes besogneux vendus à prix d'or aux khodja.  Obscurantistes, ils voient également d'un mauvais oeil l'alliance des deux moines avec des artisans de la confrérie des arallahi lesquels, rejetant l'Eglise, sont considérés comme des athées et des mécréants.

       Les missionnaires latins établis dans les deux empires ottoman et perse en guerre permanente pour la domination de l'Arménie, et qui travaillent à convertir au catholicisme les Arméniens d'autant plus vulnérables et menacés d'une perte irrémédiable de leur identité nationale qu'ils n'ont comme protection qu'une Eglise nationale affaiblie, sont eux aussi farouchement hostiles à ce projet d'imprimerie.

       La première partie de ce roman tiré de la vie de l'abbé Voskan Yérévantsi a pour théâtre la capitale séfévide du XVII-e siècle, où les deux moines vont s'atteler, dans un contexte propice aux complots, à la mise sur pied de l'imprimerie, avec l'aval de l'évêque Khatchadour Kessaratsi, l'aide de Minas l'artiste-peintre, de Tanguik l'odalisque, des arallahi, et plus tard du chef-eunique Heydar-agha, de Houssik le cuisinier fugitif devenu chef de brigands et redresseur de torts.

       Dans la seconde partie qui se déroule à Amsterdam où s'affrontent les républicains au pouvoir et les orangistes soutenus par les Anglais et dans la France de Louis XIV, Voskan sera, comme à Nor Djougha, en butte aux machinations d'ennemis visibles et cachés, tapis les uns en Pologne, les autres en Italie.  Il sera aidé moralement et matériellement par des disciples venus d'Arménie et des amis laissés en Arménie et en Perse, par Gennaro del Monti, un patricien vénitien, par Julia Elsevier, nièce du célèbre imprimeur amstellodamien Ludwig Elsevier.

       Hovhannès Ghoukassian, auteur de récits et de fresques, dédia ce roman publié la première fois en 1962 en Arménie à Mesrop Machtotz, le créateur de l'alphabet arménien au IV-ème siècle.

 

Format : 145x205 ; 534 pages.

 

Prix : 29,00 Euros.

 

ISBN 2-913564-06-2

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 13:05


 Tome I : juillet 1914 - octobre 1918

 

(première édition en 1953)

  
       Avec ses 1.600 pages de Mémoires, Monseigneur Jean NASLIAN nous livre une somme exceptionnelle de témoignages aussi bien connus qu'inédits, du moins jusqu'aux années 1950, sur le génocide des Arméniens perpétré pendant la Première guerre mondiale par les Jeunes-Turcs du Comité Union et Progrès alors au pouvoir dans l'Empire ottoman.  Tout en s'intéressant au contexte général pendant et après la guerre, ainsi qu'à l'avènement du kémalisme, ces Mémoires relatent plus particulièrement le sort tragique d'une grande partie des 250.000 Arméniens catho-liques présents plus ou moins massivement en divers points de l'Empire et de leur clergé, et les circonstances de leur déportation suivie de leur mort par le massacre, la torture, l'épui-sement, la faim, la soif.

       Comme à l'ensemble du peuple arménien, rien ne sera épargné aux Arméniens catholiques pour quelques « bonnes » raisons supplémentaires : d'une part la protection notamment de la France, puissance catholique, dont ils jouissaient du fait des Capitulations jusqu'à la Première guerre mondiale, ensuite leur absence du mouvement de revendication de réformes réclamées depuis la fin des années 1870 au nom de l'ensemble des quelques 3.000.000 d'Arméniens. Pour ces deux raisons, ils avaient échappé aux grands massacres de 1894-1896 qui avaient eu pour principaux théâtres les provinces arméniennes de l'est et du sud-est de l'Empire.  Avec l'abolition des Capitulations par les Jeunes-Turcs plusieurs semaines avant l'éclatement de la guerre, les Arméniens catholiques devinrent des proies sans défense, et ils payèrent d'autant plus cher le fait d'avoir échappé aux massacres vingt ans plus tôt que les Jeunes-Turcs se réclamaient du laïcisme et du positivisme français mâtinés d'islamo-pantouranisme, et, en plus de leur arménophobie, étaient remplis d'une haine idéologique et viscérale anti-catholique et anti-papale, comme l'explique l'auteur de ces Mémoires.

       Au milieu des années 1950, où les études d'historiens étaient encore très rares sur l'extermination de plus de 2.400.000 Arméniens en 1914-1918, Jean NASLIAN a accompli un véritable travail d'historien d'investigation en recueillant, lisant et recoupant pendant des années de nombreux récits de rescapés, des témoignages et des documents encore inédits, autant de nouvelles pistes de recherches.  Même si l'on devine que, devant l'ampleur de l'extermination, l'envie ne lui manque pas de mettre tous les Turcs dans le même sac, son esprit impartial lui fait distinguer culpabilité efficiente et culpabilité instrumentale pour mieux identifier les auteurs du premier génocide du XX-e siècle : les Jeunes-Turcs du Comité Union et Progrès.

 


Couverture : "Sur la terre comme au ciel", huile sur toile d'Archak, 1965.

Format : 170x225 ; 670 pages, dont nouveaux préface, appendice et index de noms propres.

 

Prix : 39,00 Euros.

 

ISBN 978-2-917650-00-4

 

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 13:03


  Traduit de l'anglais
par Jean BARIGUIAN

 

       Mi-avril 1909, des massacres éclair en deux phases de trois jours, séparées par une accalmie de dix jours, fauchèrent 30.000 vies arméniennes dans les villes, les villages, la plaine et la montagne de Cilicie, plongeant dans la misère cette province prospère de l'Empire ottoman dont ils accélérèrent la décomposition.  Rétablie huit mois plus tôt, fin juillet 1908, sous la pression des Jeunes-Turcs du Comité Union et Progrès, émules du positivisme français, la Constitution dans laquelle toutes les nationalités de l'Empire plaçaient leurs espoirs d'un avenir meilleur après trente ans de despotisme, était souillée de sang.

       Comme une mutinerie des soldats du 1er corps d'armée avait éclaté au même moment à Istanbul, appuyée par les religieux qui exigeaient le départ des Jeunes-Turcs discrédités et le rétablissement de la loi musulmane, les massacres de Cilicie furent dès le départ attribués, eux aussi, uniquement à une flambée de fanatisme religieux.

       Mais il apparut très vite, grâce aux commissions d'enquête, aux témoignages des consuls, des missionnaires, des journalistes européens que ces massacres avaient été bel et bien ourdis et encouragés par les responsables gouvernementaux et les structures jeunes-turcs de Cilicie avec l'approbation des hautes sphères jeunes-turques de la capitale.  De nombreux témoignages décrivirent les amas de cadavres charriés par les fleuves de Cilicie jusqu'à la Méditerranée, dont les flots emportèrent un certain nombre jusqu'au rivage chypriote.

       Restés impunis, ces massacres préfiguraient le génocide des Arméniens par le gouvernement des mêmes Jeunes-Turcs d'Union et Progrès à la faveur de la Première guerre mondiale et toutes les autres exterminations de races du XX-ème siècle.

 


Couverture : "Mystère profond", huile sur toile d'Archak, 1984.

Format : 145x205 ; 287 pages, dont nouveaux préface, appendice et index de noms propres.

 

Prix : 27,00 Euros

 

ISBN 978-2-917650-01-1

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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 20:30


       Correspondant de guerre du Journal, Henry BARBY fut chargé de couvrir les opérations de guerre sur le front russo-turc dès l'éclatement de la Première Guerre mondiale. Entre 1914-1916, il accompagna les troupes russes et les corps des volontaires arméniens dans leur offensive qui avait pour théâtre les provinces arméniennes dans l'est de l'Empire ottoman et, avec eux, il atteignit Van en passant par Trébizonde, Erzeroum, Erzindjan.  Ce qu'il découvrit en traversant le coeur de l'Arménie historique n'était qu'un champ de ruines, un gigantesque cimetière où des survivants fantômatiques erraient au milieu de cadavres sans sépulture.

       Avec un professionnalisme exemplaire, il recueillit et consigna, chaque fois qu'il en eut l'occasion, des témoignages de rescapés, de consuls et de missionnaires étrangers encore présents dans l'Empire ottoman, et avec une rare lucidité, il désigna et condamna sans appel, dès 1915, les responsables directs de l'extermination de la nation arménienne : les Jeunes-Turcs regroupés dans le parti « Union et Progrès ».  Les atrocités commises sur les femmes et les enfants arméniens sans défense font s'écrier ce Français qui a déjà vu le sang couler dans les Balkans en 1912-1913 mais qui est projeté cette fois dans l'enfer sur terre : « Y a-t-il dans le monde d'autres femmes, d'autres mères qui aient jamais enduré un martyre pareil au leur? »

       A l'heure où, dans une Europe en quête d'une identité et d'une cohésion nouvelles, des panégyristes patentés, voire stipendiés, de la « laïcité à la turque » prêchent le « devoir de mémoire », en même temps qu'ils falsifient éhontément l'Histoire, et demandent à cor et à cri l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, le témoignage de Henry BARBY rappelle la barbarie sans nom à laquelle les Jeunes-Turcs se réclamant d'une certaine « laïcité à l'européenne » se livrèrent durant la Première guerre mondiale.  Une barbarie telle que n'osèrent perpétrer les plus implacables des sultans califes!

 

Couverture : «Le cri», 1973, huile sur toile d'Archak.

 

Format : 145x205 ; 246 pages dont nouveaux préface et appendice.

 

Prix : 21,00 Euros.

 

ISBN 2-913564-13-5










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